Et tout a basculé...

Publié le par Maman Breizhou et sa Poupette

Et tout a basculé...

Rock'n Lolita organisait début décembre un concours de nouvelles auquel j'ai participé. J'étais dans les 10 premières nouvelles à avoir le plus de votes, j'étais même 4ème ! Merci à tous ceux qui ont voté pour moi. Un jury s'est réuni pour élire 3 gagnants parmi ces 10 nouvelles, malheureusement je n'en fait pas partie. Petit pincement au cœur mais bravo à tous les participants !

Voici ma nouvelle pour ceux qui ne l'aurait pas lu :)

Nous sommes dimanche, il fait plutôt beau. Nous décidons donc, mon homme et moi, de partir en promenade pour prendre l’air. Près de notre maison, de multiples chemins s’offrent à nous. Il fait doux, nous sommes bien, main dans la main. Je respire le bon air frais de la campagne.

Presque 7 ans que nous sommes ensemble. Tout va pour le mieux, nous nous aimons très fort depuis ce 1er avril 2007. Nous avons une belle vie bien remplie et des projets plein la tête.

Cette balade m’apaise, me fait du bien. Nous prenons notre temps. Nous admirons le paysage, les arbres dénudés de leurs feuilles, nous passons caresser les chevaux…

La journée se termine bien. Enlacés sous un plaid, nous regardons un film. Il y a un bon feu de cheminée qui crépite et nous réchauffe. Bien fatigués, nous partons nous coucher, mais j’ai un peu de mal à trouver le sommeil.

Il est 04h du matin quand je me réveille… Tiens, c’est inhabituel… Mais bon sang que se passe-t-il ? J’ai un peu mal au ventre, mais pas comme d’habitude, pas comme quand on fait une indigestion ou une gastro, cette fois c’est différent, je n’avais jamais ressenti ça encore… Tout se bouscule alors dans ma tête. Et si c’était grave ? Je fixe le réveil pour voir les minutes défilées une à une, si lentement… Je n’ose pas réveiller mon homme qui dort et ronfle paisiblement. Mais impossible de me rendormir, j’ai mal et je panique un peu. Je tente de me calmer, de penser à des choses positives, mais l’angoisse monte.

Ce n’est que vers 07h30, quand le réveil aurait du sonner pour nous indiquer d’aller au travail, que je lui murmure à l’oreille : « Je crois qu’il va falloir que tu m’emmènes à l’hôpital, j’ai mal… ». Et lui, pas très réveillé, met quelques secondes à réagir. Mais j’ai peur, je n’aime pas l’hôpital, je souhaite encore attendre un peu. Je n’ai pas si mal que ça après tout. Et si ça passait tout seul ? Je n’ose pas imaginer ce qui m’attend. Mon homme reste quand même près de moi, au cas où il faille partir en urgence.

13h00, il a bien fallu y aller car les douleurs se sont amplifiées. J’ai attendu le plus longtemps possible mais là, ce n’est plus possible. Je mets quelques affaires dans un sac et nous partons. Le trajet en voiture n’est pas agréable, l’angoisse monte au fur et à mesure que nous approchons de l’hôpital.

Une fois garés, après avoir tourné un peu pour trouver une place de parking libre, mon homme m’aide à marcher car j’ai du mal à avancer correctement et, surtout, nous n’avons pas pu nous garer à côté de l’entrée.

S’en suit une longue attente à l’hôpital avant qu’on ne me prenne en charge. D’abord l’accueil, ensuite un premier examen qui dure une éternité il me semble pour vérifier ce qui se passe chez moi puis l’attente d’un médecin. C’est la panique dans l’hôpital, le service est plein à craquer… L’infirmière passe de temps en temps voir si je ne souffre pas trop. Elle me propose de prendre un bain pour me détendre. Ah bon, je peux ? Chouette ! Je ne me prive pas, mais les douleurs ne partent pas. J’ai de plus en plus mal et j’ai de plus en plus de mal à me retenir de crier. Alors je sers les dents, je fais la dure à cuire. Après tout, je suis une femme forte.

21h, je finis par craquer, je flanche. Je demande alors une piqure pour soulager mes douleurs car jouer la dure ça va bien 5 minutes mais là je n’en peux plus. Le temps continue de filer, mon homme n’en peut plus d’attendre à ne rien faire, il n’en pouvait déjà plus de me voir souffrir. Comme je vais un peu mieux grâce au produit contenu dans la piqure, il part se reposer et manger un morceau chez mes parents qui habitent à côté. Moi, je bouquine tranquillement, toujours en attendant que ça bouge un peu car le temps semble s’être arrêté. Je n’ai pas dormi depuis 04h du matin et n’ai rien avalé depuis le petit déjeuner. Il fait nuit noire dehors, le vent souffle fort, la pluie bat fort contre la fenêtre, il semblerait qu’une tempête se prépare.

Une infirmière repasse me voir à 23h, m’ausculte, fait les gros yeux, ressort de la pièce… J’appelle mon homme en urgence pour qu’il revienne, j’ai peur… Et si on devait m’opérer ? La tempête n’arrange rien à mon angoisse grandissante, et s’il arrive quelque chose à mon homme sur la route ? On ne sait jamais avec cette pluie et ce vent…

Le voilà qui arrive, ouf, je suis rassurée, un peu. Toute une série de personnes entrent et ressortent de la pièce, c’est la panique dans le service, j’entends des personnes crier quand la porte est ouverte… On me dit qu’on va bientôt me prendre en charge, que le personnel fait au mieux mais qu’il y a tellement de monde ce soir que c’est un peu chacun son tour.

00h45, plusieurs personnes rentrent dans la pièce et un médecin arrive. Il m’ausculte à son tour, fait quelques manipulations désagréables et m’indique que c’est le moment. La tempête fait rage dehors tandis que notre vie est en train de changer…

Il est 01h07, nous sommes le 24 décembre veille de Noël, ma fille vient de naître et je la tiens tout contre moi. Le terme était prévu pour le 28 décembre, je n’aurai donc jamais pu imaginer un si beau cadeau de Noël !

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